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AILEFROIDE

17 hectares de liberté au carrefour d’une montagne immense
Le camping d’Ailefroide se confond avec la forêt, mais aussi avec des versants historiques synonymes d’alpinisme, d’escalade et de randonnée. Au-delà de tous les superlatifs, c’est un peu le rendez-vous de tous les amoureux de la nature et de la montagne.

Tourisme

Le refuge du Pelvoux, l'un des buts de randonnée au-dessus d'Ailefroide. Et un point de départ vers des sommets mythiques - Photo : Michel Colson

Le refuge du Pelvoux, l’un des buts de randonnée au-dessus d’Ailefroide. Et un point de départ vers des sommets mythiques – Photo : Michel Colson
Camping d’Ailefroide
Cela fait 50 ans et même un peu plus que les passionnés de montagne viennent planter leurs tentes à Ailefroide, à quelques kilomètres au-dessus de L’Argentière-la-Bessée et de la petite commune de Vallouise. Aux portes du parc des Ecrins (*). Et le demi-siècle passé n’a fait que renforcer l’engouement pour ce site exceptionnel qui ressemble à un immense camp de base tant dans la forme que dans le fonctionnement. Imaginez un peu, le camping d’Ailefroide s’étend sur une superficie de 17 hectares et une fois que vous avez rempli le formulaire d’arrivée, il ne vous reste plus qu’à vous choisir une place. A vous de cheminer dans les allées et de décider de vous installer à l’ombre des conifères, au milieu de l’une des vastes clairières et à proximité ou non du torrent qui court vers la vallée. C’est le début de la liberté. D’une liberté qui rime avec le plaisir de la découverte de la montagne. Avec cette jubilation silencieuse qui caractérise les grimpeurs, les randonneurs et bien évidemment les alpinistes, tout aussi ravis d’en découdre avec les versants et les dénivelés que de profiter du calme et de la nature. Et à bien des égards, Ailefroide est devenue le domaine réservé de ces trois catégories de montagnards. Avec en plus, le passage quasi permanent de visiteurs émerveillés venus chercher un bol d’oxygène.
Mais Ailefroide, formidable terrain de jeu pour les adultes comme pour les enfants, attire aussi de très nombreuses familles.

 

Thierry Fernandez  gère le camping depuis 2005 - Photo : Michel Colson

Thierry Fernandez gère le camping depuis 2005 – Photo : Michel Colson
 Un millier de campeurs sur 17 hectaresAu début de la deuxième semaine d’août, il n’y avait pas moins de mille campeurs sur le site. « C’est la période la plus fréquentée » mentionne Thierry Fenandez, le gérant du camping depuis 2005 qui laisse entendre que malgré le fort taux d’occupation, un silence apaisant règne entre les tentes et les caravanes. Et ce dernier d’ajouter : « Ici on respecte l’environnement et les autres campeurs. Le soir, il fait assez frais et les gens se couchent généralement tôt » fait-il remarquer, insistant sur la tranquillité ambiante. C’est sûr, on se ressource à Ailefroide. C’est le lieu idéal pour reprendre son souffle et recharger ses batteries après une quinzaine de jours en bord de mer par exemple ou tout simplement pour échapper au tumulte de la ville. Mais la beauté et l’authenticité du lieu lui-même jouent aussi de tous leurs effets sur les esprits. C’est un bonheur pour les yeux, aussi. En début de saison, il n’est pas rare d’apercevoir des chamois arpenter le camping. C’est un régal de les observer en prenant son petit déjeuner et l’on peut dire, sans exagération aucune, que le site d’Ailefroide est un écrin au pays des Ecrins.

 

Chacun choisit sa place et s'installe là où il le souhaite  - Photo : Michel Colson

Chacun choisit sa place et s’installe là où il le souhaite – Photo : Michel Colson
Créé en 1958Créé en 1958, le camping d’Ailefroide a d’abord bénéficié de l’engouement pour l’alpinisme. Nombre d’Anglais et d’Américains sont venus dans les parages effectuer des ascensions sur les traces de leurs célèbres compatriotes. Sur les traces de William Auguste Coolidge, notamment, qui laissa son nom à plusieurs sommets et couloirs, dont le fameux couloir Coolidge, passage obligé de la voie normale de la traversée du Pelvoux. Sur les traces aussi d’Edward Wimper qui fut le second à gravir le Pelvoux en 1861 et qui le premier a posé le pied sur la Barre des Ecrins en 1864. Ces exploits ont véritablement dopé toute une frange de passionnés qui ont pris d’assaut les versants de ce coin des Hautes-Alpes et en quelques décennies le site d’Ailefroide a été répertorié comme le 2ème site d’alpinisme français après le mythique massif du Mont-Blanc. Autant dire que les cordées se sont succédé dans une euphorie communicative, dans un esprit de conquête et probablement aussi de performance. Elles ont fait étape dans les refuges du secteur. Au Glacier Blanc, au Sellé et bien évidemment au Pelvoux, point de départ vers des courses magiques dans le grand blanc. Et puis, progressivement, l’enthousiasme pour l’alpinisme s’est estompé au profit d’une autre discipline peut-être plus accessible et moins coûteuse : l’escalade.

 

Des centaines de mètres de voie pour les passionnés de grimp, c'est cela Aillefroide  - Photo : Michel Colson

Des centaines de mètres de voie pour les passionnés de grimp, c’est cela Aillefroide – Photo : Michel Colson
Une utilisation volontaire de la paroiConcrètement, le passage de témoin entre les deux pratiques montagnardes a eu lieu vers la fin des années 70 sous l’impulsion, entre autres, d’un certain Jean-Michel Cambon, qui a équipé de très nombreuses parois et ouvert des dizaines de voies à partir des années 90. Mais la grande aventure de l’escalade à Ailefroide avait débuté presque en silence au milieu des années 60 par le biais d’un Jean-Pierre Fédèle. Un peu plus tard Dominique Stumpert, guide de haute-Montagne, allait prendre le relais et posant des spits à la main. Tout cela est raconté dans le Petit historique des escalades à  Ailefroide justement écrit par Jean-Michel Cambon qui donne le ton de cette « épopée de l’escalade » en parlant «  d’une utilisation volontaire des parois ».
Aujourd’hui, Ailefroide est devenue l’une des Mecques de l’escalade à l’échelle française. Mais une nouvelle étape est en train d’être franchie. Un nouveau type de grimp semble bien faire sensation. Il s’agit du « Bloc », c’est-à-dire un type d’scalade qui se pratique  sur des structures artificielles ou sur des blocs rocheux de faible hauteur, ce qui permet de retomber au sol sans trop de danger. Le bloc se pratique sans corde ni mousqueton ou baudrier mais nécessite parfois un matelas pliable que les adeptes de ce nouveau sport promènent comme un sac à dos.  Ce matelas s’appelle un crash-pad. C’est une nouvelle façon d’appréhender la montagne.

Michel Colson

 

La plupart des campeurs possèdent tout le matériel nécessaire pour grimper - Photo : Michel Colson

La plupart des campeurs possèdent tout le matériel nécessaire pour grimper – Photo : Michel Colson
(*) Le parc national des Écrins est l’un des neuf parcs nationaux français avec la Vanoise, Port-Cros, les Pyrénées, les Cévennes, le Mercantour, la Guadeloupe, la Réunion et la Guyane

 

Par Michel Colson | Lu 781 fois

 

Ailefroide en hiver